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Modélisation des avalanches

Les avalanches sont des écoulements rapides de neige sur des pentes de montagne. La plupart des avalanches se déplacent sur quelques centaines de mètres à une vitesse relativement faible (quelques mètres par seconde), mais certaines peuvent se déplacer sur plusieurs kilomètres et d’autres ont été observées avec des vitesses dépassant les 360 km/h. Les avalanches peuvent également générer des forces considérables et pulvériser des structures en acier ou en béton armé. Leur hauteur ne dépasse généralement pas quelques mètres, mais certaines avalanches atteignent des vitesses telles qu’un entraînement massif d’air ambiant se produit, ce qui conduit à la formation de grands nuages de neige, avec des hauteurs dépassant 100 m.

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Les avalanches extrêmes sont-elles des horsains ?

Quel est le point commun entre un crack boursier et certaines avalanches catastrophiques ? C’est ce que cet article va présenter en s’intéressant au concept des « dragons-rois », des phénomènes extrêmes qui tout en se démarquant des événements connus ont leur propre logique, ce qui les rend sans doute plus prévisibles qu’on ne le croie.

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L’analyse fréquentielle en dynamique des avalanches

L’analyse fréquentielle en dynamique des avalanches

La notion de période de retour – et en filigrane l’analyse fréquentielle – est assez récente en France. Quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet en 1992, la notion de période de retour n’existait pas sur le plan opérationnel en France (aucun rapport d’expertise ou document technique n’y faisait référence) et il n’y avait à ma connaissance aucun travail académique très poussé sur le sujet dans le monde.

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La grande avalanche du Glärnis

Le jour de la Saint Fridolin, le 6 mars de l’année 1898, une avalanche puissante se déclencha dans la matinée autour de 11 heures 20, au plus haut du sommet du Vorderglärnisch, sur sa face Nord-Est, celle tournée vers la ville de Glarus. C’était un jour de printemps doux et baigné par le soleil. Le pied du versant était libre de neige ; dans les forêts, qui entourent le pied du Glärnisch, la neige était tombée des arbres ; en revanche, sur les parties hautes des versants, il y avait encore une assez forte couche de neige de l’hiver, recouverte par une abondante quantité de neige fraîche. Dès le début, l’avalanche montra, dans sa mise en mouvement, une largeur inhabituelle, c’est-à-dire qu’elle ne se déclencha pas à partir d’un point, mais sur une large ligne horizontale, avant que de se précipiter dans une paroi presque verticale, située à peu de distance sous le sommet, paroi issue d’un éboulement datant du 3 juillet 1594 et connue sous le nom de Bruch.

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Avalanches et alpage

Par Charles Gardelle1

L’avalanche provoque bien des malheurs dans les zones pastorales d’altitude mais elle peut avoir, parfois, quelques avantages. Ainsi, en amoncelant la neige en fin de course, elle entretient, l’été, quelques filets d’eau bien utiles. Exceptionnellement, elle facilite la traversée d’un torrent. Ainsi, dans le haut Valgaudemar, au-dessous du hameau du Rif du Sap, aujourd’hui déserté l’hiver, l’avalanche précipite dans la Séveraisse une masse de neige qui peut perdurer tout l’été. Ce pont de neige permet le passage des transhumants en route vers la cabane de la Lavine. Le berger veille à ce que les bêtes passent une à une sur ce pont fragile.

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Histoire du génie paravalanche

Quoiqu’on ait tendance à utiliser le néologisme « nivologie » pour désigner la science étudiant la neige et les avalanches, il peut être plus avantageux de se référer à un terme plus technique – le génie paravalanche – pour désigner le corps de connaissances nécessaires à l’étude des avalanches et à la conception des moyens de protection spécifiques. L’objet de cette page est de dresser une perspective historique de cette science en Occident. Beaucoup pensent que le génie paravalanche est récent. Il n’en est rien : les premières actions de défense organisée contre les avalanches remontent au XVIIIe siècle en France et en Suisse ! Le développement du génie paravalanche n’a pas été linéaire : avant d’entrer dans l’ère moderne, il y a eu le savoir empirique des populations montagnardes, les premières recherches menées par les services forestiers à la fin du XIXe s. puis les études des géographes au début du XXe s., les développements des ingénieurs civils au milieu du XIXe s., etc.

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Histoire de la nivologie

Les dangers spécifiques auxquels étaient exposés les voyageurs ont été évoqués par les géographes et écrivains de l’antiquité tels que Strabon, Tite-Live, et Silius Italicus. Le mot « avalanche » n’existait pas à cette époque et les auteurs ont utilisé des mots génériques comme ruina (qui pouvait aussi bien désigner des glissements de terrain et des éboulements), mais les détails que les auteurs ont donnés dans leur description ne laissent planer aucun doute quant à leur connaissance des dangers liés à la neige. Cette absence de mot pour désigner les avalanches a perduré jusqu’à ce que les langues nationales remplacent le latin dans la littérature technique au cours du XVIIe siècle. À la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, le style narratif mettait encore l’accent sur les dangers qui menaçaient les voyageurs dans leur traversée des Alpes. Dans son livre De Alpibus Commentarius (1574) qui offre la première compilation de toutes les informations disponibles sur ces dangers, le théologien suisse Josias Simler a donné la première description complète des avalanches (labina) en examinant leurs causes et leurs effets. Avec une emphase qui ne diffère guère de celle qui animait déjà les écrits de Strabon 1500 années plus tôt, Simler avertissait les lecteurs contre les terribles dangers dans les Alpes.

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